Curriculum vitae

Raffinot Marc

Maître de conférences émérite

Marc.RAFFINOTping@dauphinepong.fr

Publications

Articles

Cassimon D., Van Campenhout B., Ferry M., Raffinot M. (2015), Africa: Out of debt, into fiscal space? Dynamic Fiscal Impact of the Debt Relief Initiatives on African Heavily Indebted Poor Countries (HIPCs), International Economics, 144, p. 29-52

After two debt relief initiatives launched in 1996 (the Heavily Indebted Poor Countries, HIPC Initiative) and in 1999 (The enhanced HIPC initiative), the G7 decided to go further by cancelling (most of) the remaining multilateral debt for these HIPC countries through the Multilateral Debt Relief Initiative (MDRI, 2005). Building on earlier literature that tries to assess the fiscal response effects of HIPC debt relief, we extend this assessment by explicitly including the fiscal response effects of MDRI debt relief, and by using an extended dataset and alternative econometric techniques, in order to have sufficient hindsight and better tackle methodological issues such as country specific effects. We confirm earlier findings that debt relief, and especially the enhanced HIPC initiative, has had a positive impact on recipient country total domestic revenue and public investment (as percentage of GDP). Additionally, thanks to our large observation span, we also observe that the MDRI led to a significant increase in current primary expenditures and domestic revenue ratios, although these effects are on average smaller than the HIPC Initiative ones.

Gürbüz B., Raffinot M. (2011), Croissance et répartition des revenus en Turquie (1994-2005) : quel impact sur la pauvreté ?, Région et développement, 34, p. 19-38

En Turquie, l'évolution des revenus dans la période 1994-2005 est doublement paradoxale. Dans la période 1994-2002, marquée par la crise financière de 2000-2001, la croissance a été « pro-pauvres », en ce sens que les revenus des pauvres ont moins diminué que ceux des classes aisées. Dans la période de rebond de l'économie, entre 2002 et 2005, la croissance a surtout bénéficié aux couches moyennes. Cette évolution ne se traduit pourtant pas par une amélioration sensible du niveau de vie des plus pauvres, dont certaines dépenses en biens et services de première nécessité ont augmenté. Ces évolutions sont difficiles à expliquer car elles résultent de nombreux facteurs, notamment de modifications dans le système de protection sociale et d'assistance aux pauvres, mais aussi de la faiblesse générale de la création d'emplois dans la période de rebond.

Turkey featured a somewhat paradoxical evolution in income distribution between 1994 and 2005. During 1994-2002 (marked by the 2000-2001 financial crisis), growth was pro-poor in the sense that the income of the poor decreased less than the income of the well-off. Between 2002 and 2005, the Turkish economy rebounded, but growth was mainly beneficial to the middle class. Between 1994 and 2005, growth was pro-poor again. However, this does not mean that the well-being of the poor actually increased, while their expenditure on basic goods and services did increase, notably on education. These changes are hard to explain as they result from many different factors, namely changes in the social protection system, in the assistance to the poor, but also low job creation in the formal sector.

Raffinot M. (2010), Ownership of development policies : from theory to practice, Mondes en développement, 149, 1, p. 87-104

L'appropriation des politiques de développement est la base du nouveau consensus international formulé dans la Déclaration de Paris (2005). Les fondements théoriques de cette approche n'ont guère été explicités, et les documents de stratégies de réduction de la pauvreté sont « approuvés » en définitive par les Institutions de Bretton Woods, ce qui rend celles-ci juges et parties. Différentes options peuvent être envisagées pour faire progresser l'appropriation en pratique, tant au niveau institutionnel (une évaluation par les pairs pourrait aider à résoudre ce dilemme) qu'à celui de la qualité de l'appropriation, comme cela est fait dans le domaine des dépenses publiques.

The ownership of the development policies is the very basis of the new international consensus formulated in the Paris Declaration (2005). The theoretical foundations of this approach remain somehow unclear. The main problem is that the Bretton Woods institutions "assess" the Poverty Reduction Strategy Papers (PRSPs), so they can be suspected of conflicting interests. A peer review may help to resolve this dilemma, but the main point would be to assess the quality of the process, not the policies, as it is already done in the field of the public finance management.

Raffinot M. (2010), L'appropriation (ownership) des politiques de développement : de la théorie à la pratique, Mondes en développement, 149, p. 87-104

L'appropriation des politiques de développement est devenue la base du nouveau consensus international formulé dans la Déclaration de Paris (2005). Les fondements théoriques de cette approche n'ont guère été explicités, et il est difficile de considérer que les Documents de Stratégies de Réduction de la Pauvreté (DSRP) traduisent réellement les options autonomes des gouvernements, notamment parce que ces documents demeurent généralement inchangés lors des alternances politiques. Le problème de base est que ces DSRP censés traduire l'appropriation sont « approuvés » en fin de compte par les Institutions de Bretton Woods, ce qui les rend juges et parties. Différentes options peuvent être envisagées pour faire progresser l'appropriation en pratique, tant au niveau institutionnel (une évaluation par les pairs pourrait aider à résoudre ce dilemme) qu'au niveau du contenu de l'évaluation de la qualité de l'appropriation.

The ownership of the development policies is the very basis of the new international consensus formulated in the Paris Declaration (2005). The theoretical foundations of this approach remain somehow unclear, and we can hardly consider that PRSPs are really "owned" by the recipient Governments. For instance, PRSPs are not re-drawn, even after political change at the head of the State. The main problem is that Bretton Woods institutions "assess" the PRSPs, so they can be suspected of conflicting interests. A peer review may help to resolve this dilemma, but the main point would be to assess the quality of the process, not the policies (this approach being used in the framework of the PEFA assessment of the public finance management).

Raffinot M. (2009), Crise mondiale et financement international du développement africain, Afrique contemporaine, 4, 232, p. 171-192

L'impact de la crise sur les économies africaines sera très variable. On peut craindre que les volumes de ressources extérieures se réduisent dans les années qui viennent. Mais l'Afrique dispose désormais d'une certaine marge de manoeuvre, notamment du fait de l'annulation des dettes d'un grand nombre d'États et de l'espace fiscal qui en résulte, et qui a débouché sur des réductions de dette dont l'impact tarde cependant à se faire sentir. Cette crise devrait être l'occasion de repenser le système de financement extérieur des États africains. Depuis la Déclaration de Paris (2005), la question de l'efficacité de l'aide est mise au premier plan, ce qui est certainement justifié. Il n'est pas sûr toutefois que les nouvelles approches reposent sur des fondements analytiques très solides. De plus, les modalités de financement (dons, prêts) doivent être également revues pour en maximiser l'efficacité tout en évitant le retour des crises d'endettement - et ceci est particulièrement important pour les États fragiles.

The international financial crisis is likely to produce very different impacts on the various African countries, depending on their degree of openness to commercial and financial flows. The volume of foreign flows is a matter of concern given that exports, loans, public grants and remittances are decreasing. Nevertheless, Africa today does have some fiscal leeway, primarily because of debt relief. But a major and long-lasting problem remains : aid effectiveness. So far, grants and concessional lending have not generated high growth on the continent, and neither have they brought about debt sustainability. The crisis, however, should be seen as an opportunity to reshape the financing system of Africa. Since the 2005 Paris Declaration, donors and developing countries have committed to improving aid effectiveness, which represents a major step forwards. It is however debatable whether or not the new approach is grounded on a solid body of evidence. Certainly, what is also needed is to improve the effectiveness of financing tools used so as to avoid the return of debt crises - an issue that is specially relevant to fragile States.

Amprou J., Djoufelkit-Cottenet H., Hugounenq R., Mesplé-Somps S., Raffinot M. (2007), Introduction thématique : Réformes des finances publiques africaines et nouveaux dispositifs de l'aide et d'allègement de la dette : risques et opportunités, Afrique contemporaine, 3-4, 223-224, p. 27-34

De Lucca F., Raffinot M. (2007), Budget Support: Implementation, Improvements and Problems, Afrique contemporaine, 3, 223-224, p. 193-218

L'accroissement de l'aide budgétaire globale devrait redonner son sens aux arbitrages budgétaires, un processus dévoyé par la multiplication des projets. En étudiant le cas du Burkina Faso, cet article montre que les avancées dans ce sens, qui sont réelles, se heurtent à de nombreux obstacles, tels que l'insuffisance des capacités dans le domaine de la définition, du suivi et de l'évaluation des politiques. Le lien entre les stratégies et la budgétisation axée sur les résultats reste faible, en raison notamment du dualisme budgétaire. Enfin, le ministère des Finances, qui est la principale cheville ouvrière de ces réformes, ne dispose pas toujours d'un statut lui permettant de coordonner efficacement les politiques sectorielles. Toutefois, la montée en puissance de l'aide budgétaire et la fusion récente de deux ministères dans un unique ministère de l'Économie et des Finances est en train de changer la donne au Burkina Faso.

Global Budget Support should contribute to give some sense to the national process of budget allocation. The case of Burkina Faso shows that progress has been made in this direction. Nevertheless, the links between strategies and budgetisation remain weak, namely because of budget dualism. The policy dialogue is mainly limited to the Ministry of Finance, which is not entitled to coordinate the reform process. However, the rise of budgetary assistance and the recent fusion of two ministries in a single ministry of Economy and Finance is making a change in Burkina Faso.

Marouani M., Raffinot M. (2006), Croissance et réduction de la pauvreté au Mali : quelques éléments de réflexion, Revue canadienne d'études du développement, 27, 4, p. 551-565

«Bon élève» des institutions de Bretton Woods, le Mali bénéficie à ce titre de réductions de dettes. Néanmoins, la croissance retrouvée depuis la dévaluation de 1994 n'a pas réduit significativement la pauvreté. Le Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté donne la priorité à la santé et à l'éducation. À court et moyen terme pourtant, l'efficacité de ces politiques est discutable. Nous proposons de les revoir dans une optique dynamique centrée sur l'égalité des chances. Ceci implique de mettre l'accent sur la redistribution, l'accroissement de la productivité de l'agriculture vivrière pluviale et les investissements urbains créateurs d'emplois.

Considered an "A-student" by the Bretton Woods Institutions, Mali benefitsfiom debt relief: Growth resumed afier the 1994 devaluation, but poverty did not decrease significantly. The Poverty Reduction Strategy Paper gives priority to investment in education and health. In countries like Mali, the effectiveness of such policies is questionable, at least in the short or medium run. We propose to focus on the dynamics of poverty reduction. To promote equality of opportunity, redistribution issues should be taken into consideration, but also ways of promoting an increase in rainfed agriculture and steady job creation in urban areas.

Raffinot M. (2006), Prêts ou dons. Commentaires, Revue d'économie du développement, 20, 2-3, p. 159-165

Ouvrages

Raffinot M. (2008), La dette des tiers-mondes, Paris, la Découverte, 122 p.

Une mise en perspective des événements les plus récents dans le domaine de l'endettement des pays émergents. Sont abordés : le cadre institutionnel établi après la Seconde Guerre mondiale, la rationalité des marchés financiers internationaux, les réductions de dette dont bénéficient certains pays à faible revenu, et l'initiative d'annulation de la dette multilatérale (IADM).

Venet B., Raffinot M. (2003), La balance des paiements, Paris, La Découverte, 128 p.

La balance des paiements est un document statistique qui présente l'ensemble des flux entre une économie et le reste du monde durant une période donnée. Cet outil est couramment utilisé pour établir le diagnostic de l'évaluation macro-économique d'une économie. Propose une synthèse sur le sujet.

Direction d'ouvrages

Raffinot M. (2015), Économie du développement, Paris, Dunod?, 226 p.

Ce cours d'introduction à l'économie du développement permet d'acquérir les connaissances fondamentales de la matière. Cette discipline transversale étudie les déterminants économiques et sociaux du développement. Ce manuel présente successivement : o la notion de développement et sa mesure; o le développement vu d'en bas : l'analyse des comportements individuels; o le développement, la gouvernance et le changement institutionnel; o la transition démographique; o l'insertion des pays en développement dans la globalisation; o les politiques de développement et la croissance inclusive. Illustré par de nombreux exemples, ce livre met en relief les enjeux actuels : émergences mais aussi effondrements économiques avec, en arrière-fond, une menace globale liée au changement climatique.

Fisette J., Raffinot M. (2010), Gouvernance et appropriation locale du développement : au-delà des modèles importés, Ottawa, Presses de l'Université d'Ottawa, 256 p.

Chapitres d'ouvrage

Raffinot M. (2010), Le FMI, un conte de fées à Washington D.C, in Laroche J. (dir.), Un monde en sursis. Dérives financières, régulations politiques et exigences éthiques, Paris, L'Harmattan, p. 127-139

Raffinot M. (2010), Aide et financement du développement : des résultats insuffisants malgré de nombreuses évolutions, in Heuraux C. (dir.), L'électricité au coeur des défis africains, Paris, Karthala, p. 153-157

Venet B., Gürbüz B., Raffinot M. (2005), Endettement et intégration dans l'UE : comparaison entre la Turquie et les autres pays candidats, in Verez J-C. (dir.), D'un élargissement à l'autre : la Turquie et les autres candidats, Paris, L'Harmattan, p. 24

L'élargissement de l'Union Européenne (UE) officialisé en mai 2004 n'est ni le premier, ni le dernier. Comme pour chaque décision de cette nature, les débats sont nombreux et l'on compte autant de partisans que d'opposants. A peine celui-ci est-il entériné que se profilent de nombreuses controverses à propos du prochain élargissement qui concerne la Bulgarie, la Roumanie et la Turquie. A propos de la Turquie, deux ou trois raisons essentielles peuvent être avancées : de par sa taille démographique, la Turquie est un grand pays de près de 70 millions d'habitants comparativement aux dix nouveaux membres (75 millions) ou aux deux prochains cités (30 millions). C'est aussi un pays dont l'histoire et la géographie sont riches et dont on ne peut faire l'impasse pour qui veut comprendre où et quand commence l'Europe. C'est encore un pays républicain, laïc où la population est en grande majorité musulmane. Rien de tel dans les élargissements précédents ou à venir, du moins à propos de la Bulgarie et de la Roumanie. Il apparaît utile à la réflexion de cerner les atouts et les limites des pays candidats en vue d'un élargissement dont certains fixent la date à 2007 pour les deux anciennes économies socialistes et à 2012 ou 2015 pour la Turquie. Une démarche comparative et pluridisciplinaire entre les trois pays cités et ceux qui viennent de rejoindre l'UE semble adéquate pour éviter tout jugement hâtif. Les Troisièmes Journées Européennes de l'Université Galatasaray ont apporté une contribution essentielle à ce débat.

Gürbüz B., Raffinot M. (2003), Surendettement et effet d'éviction : le cas de la Turquie, in Insel A. (dir.), La Turquie et le développement, Paris, L'Harmattan, p. 145-172

L'effet de la dette publique sur l'investissement privé est théoriquement indéterminé. Ce lien peut aussi bien être négatif (debt overhang, effet d'éviction) que positif (effet accélérateur sur la croissance économique et donc sur l'investissement privé). Notre étude consiste à tester économétriquement ce lien dans le cas de la Turquie sur la période 1963-2000. Nous avons estimé cette relation sur deux périodes: 1963-98 et 1988-2000, compte tenu du développement d'un marché financier domestique qui a permis de remplacer en partie la dette publique extérieure par une dette intérieure. Ces estimations nous donnent deux effets distincts : la dette externe a un effet positif sur les investissements privés (malgré le surendettement dans la première période), tandis que la dette interne et le surendettement exercent un effet négatif dans la seconde période.

The effect of debt on private investment is theoretically undetermined. Indeed, according to the theory, the relation between debt and private investment can either be negative (debt overhang) or positive (accelerator effect on economic growth, hence on private investment). Our study consists in testing this relationship in the case of Turkey over the 1963-2000 period. We have estimated the relation on two periods : 1963-98 and 1988-2000, given the development of a domestic financial market which gave birth to a new type of indebtedness : the internal public debt. These estimations reveal two distinct effects: external debt has a positive effect on private investment in both periods, whereas internal debt has a negative one. A debt overhang exists only in the second period.

Bougoin A-S., Raffinot M. (2002), L'initiative PPTE et la lutte contre la pauvreté, in Cling J-P., Razafindrakoto M., Roubaud F. (dir.), Les nouvelles stratégies internationales de lutte contre la pauvreté, Paris, Economica

Ce chapitre vise à présenter l'initiative PPTE originale et renforcée (ainsi que les initiatives annexes qui se sont greffées dessus), de manière à analyser la manière dont les modalités retenues induisent aujourd'hui l'élaboration des programmes de réduction de la pauvreté et leur mise en oeuvre.

Raffinot M., Marouani M., Gautier J-F., Dante I. (2002), « Gagner l'argent » ou formuler une politique de développement ? Le Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté au Mali 1, in Roubaud F., Razafindrakoto M., Cling J-P. (dir.), Les nouvelles stratégies internationales de lutte contre la pauvreté, Paris, Economica, p. 16

Venet B., Raffinot M. (2001), Croissance, ouverture et dette extérieure, in Siroën J-M., Boudhiaf M. (dir.), Ouverture et développement économique, Paris?, Economica, p. 205-218

Communications

Raffinot M. (2010), Aide extérieure et appropriation locale des politiques de développement : le cas des pays africains à faible revenu, Colloque-recherche "Gouvernance et développement au XXIe siècle : vues d'Afrique et d'Amérique latine", Montréal, Canada

Gürbüz B., Raffinot M. (2009), Croissance et crise financière en Turquie (1994-2005): quel impact sur la répartition des revenus et la pauvreté ?, Colloque international " Inégalités et développement dans les pays méditerranéens", Istanbul, Turquie

En Turquie, dans la période 1994-2005 la croissance a été pro-pauvres en termes de croissance des revenus, mais pas en valeur absolue. Même en termes relatifs ce résultat est discutable pour les raisons suivantes : premièrement les ménages appartenant aux centiles les plus bas ont accru davantage que la moyenne leurs dépenses pour la santé et l'enseignement, alors que ces biens sociaux devraient subventionnés pour en faciliter l'accès aux pauvres. Deuxièmement la croissance de la consommation des produits alimentaires des pauvres est supérieure à la moyenne générale. Troisièmement, la part des revenus et de la consommation des pauvres dans le total reste stable entre 1994 et 2005. Enfin, la part du nombre des plus pauvres dans la population totale augmente dans cette période.

In Turkey, between 1994 and 2005, growth has been pro-poor in terms of rate of growth of income, but not in absolute values. This result is debatable. Firstly because the poorest (centiles 0 to 20) did increase more than the average their expenditures on health and education, which should be less expensive for the poorest. Secondly because the poorest increased their expenditures on food more that the average. Thirdly, because the share of the poorest in the global income or consumption stagnated. Finally, because the share of the poorest in the population increased.

Venet B., Raffinot M. (2008), La malédiction des anciens : efficacité de l'aide et gérontocratie, Colloque du GDR CNRS : "Economie du développement et de la transition", Clermont-Ferrand, France

Nous utilisons un modèle à générations imbriquées pour montre que la répartition de l'aide entre jeunes et vieux peut avoir un impact sur l'efficacité de l'aide en termes d'épargne et de croissance. Dans les sociétés en développement sont généralement marquées par une « déférence pour les anciens », très ancrée dans la culture traditionnelle. Nous étudions deux cas différents, suivant que l'aide est attribuée de manière à accélérer la convergence ou, d'autre part, comme un moyen de permettre à l'économie aidée d'atteindre la règle d'or. Dans le premier cas, un seuil apparaît à partir duquel l'accroissement de l'aide réduit l'épargne. Dans le second cas, on montre que l'aide nécessaire pour atteindre la règle d'or est d'autant plus importante qu'une part significative est accaparée par les vieux.

In this paper we use a simple standard overlapping generations model to assess the impact of foreign aid. Donors are not able to modify the sharing out of aid between old and young in the recipient economy. This assumption is in line with the deference to the elders, which characterises the political systems of many developing countries and the idea that .aid cannot buy the reforms. If aid is considered only as a device to reach the spontaneous steady state of the economy, the impact of aid is an increase of the wellbeing of the recipient economy, but may result in a decrease or an increase of the growth rate of the economy depending on a threshold share of aid accruing to the elders. Conversely, even in this setting, aid may be used as a device to make the economy reach the golden rule steady state.

Documents de travail

Koussoubé E., Loada A., Nébié G., Raffinot M. (2015), Economie politique de la croissance au Burkina Faso: Institutions, gouvernance et développement, DIAL Document de travail, Paris, Université Paris Dauphine, 30

L'approche de North, Wallis et Weingast (2009) est utilisée pour expliquer les performances économiques et sociales du Burkina Faso (croissance par tête de 1,5 % par an depuis 1960, inégalement répartie, sans transformation structurelle du système productif). La difficulté est que la croissance est assez faible, mais plus rapide que dans les pays voisins. Nous montrons que ces deux aspects peuvent s'expliquer par le type d'élites dominantes (l'armée et les chefs traditionnels), qui gèrent la violence par la création de rentes dans un contexte contraint par les autres élites internes (église catholique, syndicats et société civile) et par le cadre institutionnel international qui limite l'utilisation de la violence. Ceci confère une certaine « stabilité » à l'ordre social sans toutefois lui insuffler la dynamique qui lui permettrait d'atteindre une croissance rapide.

This paper assesses the relevance of the North, Wallis and Weingast (2009) framework to explain the performances of Burkina in terms of economic growth and development. The political history of Burkina has been very unstable until president Compaoré took power in 1987. Since then, stability has been based on low intensity violence, with bursts of open violence like those of the mutinies of 2011 or the final upheaval of 2014. This "stability" is based on the balance of power between two main "elite" groups, the Army and the traditional chiefs. Trade unions, the Catholic Church and donors also play a role, especially in case of trouble. The political class in power and its cronies are extracting rents by creating de facto monopolies, which enables them to tame violence, to a certain extent. The paradox is that the Burkinabe economy is growing steadily (GDP per capital grew at an average 1.5 per cent rate since independence), rather smoothly in the medium run - one of the best records in West-Africa. Because of high inequality, this impressive growth is far from inclusive.

Koussoubé E., Loada A., Nebié G., Raffinot M. (2014), Political Economy of growth and poverty in Burkina Faso: Power, Institutions and Rents, DIAL Document de travail, Paris, IRD, 35

Nous évaluons dans ce document la pertinence de l'approche de North, Wallis and Weingast (2009) pour expliquer les performances du Burkina Faso en termes de croissance économique et de développement. L'histoire politique du Burkina Faso a été très agitée avant que le président Campaoré prenne le pouvoir en 1987. Depuis, la stabilité repose sur une violence de faible intensité, avec des explosions sporadiques de violence ouverte, comme les mutineries de 2011. Cette « stabilité » repose sur un équilibre des pouvoirs entre deux principales « élites », l'armée et les chefs traditionnels. Les syndicats, l'église catholique et les bailleurs de fonds jouent également un rôle, notamment en cas de troubles. Le groupe qui détient le pouvoir avec ses affidés extrait des rentes en créant des monopoles de fait, ce qui leur permet de maintenir la violence sous contrôle, du moins dans une certaine mesure. Le paradoxe est que l'économie burkinabè connaît une croissance soutenue (le PIB par tête a cru à un taux de 1,5 % en moyenne depuis l'indépendance), et de manière assez stable à moyen terme, ce qui constitue une des meilleures performances en Afrique de l'Ouest. Du fait d'une inégalité élevée, cette croissance assez impressionnante ne bénéficie pas à tout le monde.

This paper is an attempt to assess the relevance of the use of the North, Wallis and Weingast (2009) framework to explain the performances of Burkina Faso in terms of economic growth and development. The political history of Burkina Faso has been very unstable until president Campaoré took power in 1987. Since then, the stability has been based on low intensity violence, with bursts of open violence like those of the mutinies of 2011. This "stability" is based on the balance of power between two main "elite" groups, the army and the traditional chiefs. Trade unions, the Catholic Church and Donors also play a role, especially in case of trouble. The political class in power and its cronies are extracting rents by creating de facto monopolies, which enables them to tame violence, to a certain extent. The paradox is that the Burkinabe economy is growing steadily (GDP per capital grew at an average 1.5 per cent rate since independence), rather smoothly in the medium run - one of the best records in West-Africa. Because of high inequality, this impressive growth is far from inclusive.

Cassimon D., Ferry M., Raffinot M., Van Campenhout B. (2013), Dynamic Fiscal Impact of The Debt Relief Initiatives on African Highly Indebted Poor Countries (HIPCs), DIAL Document de travail, Paris, IRD, 24

Après deux initiatives de réduction de dette (PPTE I fin 1996 et PPTE II en 1999), le G7 décida d'annuler la totalité de la dette multilatérale (Initiative d'Annulation de la Dette Multilatérale, IADM en 2005). Quelques travaux ont essayé d'évaluer l'impact de ces mesures sur les finances publiques des pays bénéficiaires. Ce travail utilise une base de données plus étendue et des méthodes économétriques alternatives pour tenir compte de l'endogénéïté et des effets fixes. Nous trouvons que les réductions de dette (en particulier l'initiative PPTE II) ont eu un impact positif sur la pression fiscale et sur les investissements publics (en pourcentage du PIB). Grâce à l'extension de la période d'étude, nous observons également que l'IADM a un effet similaire, quoique moins persistent.

After two debt relief initiatives launched in 1996 (the Heavily Indebted Poor Countries, HIPC Initiative) and in 1999 (The enhanced HIPC initiative), the G7 decided to go further by cancelling the remaining multilateral debt for these HIPC countries through the Multilateral Debt Relief Initiative (MDRI, 2005). A few papers tried to assess the desired fiscal response effects of those initiatives. This paper uses an extended dataset and alternative econometric techniques in order to tackle methodological issues as endogeneity and fixed effects. We found that debt relief and especially the enhanced HIPC initiative have had a positive impact on the total domestic revenue and the public investment (as percentages of the GDP). Thanks to our large observation span, we also observed that the MDRI led to a significant additional improvement of the level of public investment and domestic revenues ratio, although these effects are smaller than the HIPCs ones.

Raffinot M., Venet B. (2013), Low Income Countries, Credit Rationing and Debt Relief: Bye bye international financial market?, DIAL Document de travail, Paris, IRD, 16

LICs have no access to international financial markets. Since the nineties, LICs have been granted debt relief by bilateral creditors andby international financing institutions, namely from 1996 on underHighly Indebted Poor Countries (HIPC) Initiative and from 2005 onunder Multilateral Debt Relief Initiative (MDRI). Did those debt relief initiatives send a negative message to the lenders, deterring themto lend to the LICs? For assessing this we use the concessionality rate of new financing flows as a measurement of the "distance to the market" and assess the impact of debt relief on the concessionality rate implementing a Granger causality tests using panel data, a methodology perfected by Hurlin (2004, 2005) and Hurlin and Venet (2004).We show that countries with high concessionality resources are morelikely to get debt relief, but that debt relief does not "cause" higher concessionality.

Dahoun D., Raffinot M. (2012), Partenaires émergents : quels enjeux pour la soutenabilité de la dette africaine ?, DIAL Documents de travail, Paris, Université Paris-Dauphine, 23

Après les réductions de dette, notamment l'initiative d'allégement de la dette multilatérale de 2005 (IADM), beaucoup de pays à faible revenu se sont retrouvés avec des niveaux d'endettement extrêmement bas. Leur réendettement progresse à des rythmes variables sous l'effet de nouveaux prêts des Institutions de Bretton Woods (IBW), mais aussi des pays émergents (notamment de la Chine), et parfois même des marchés financiers internationaux. Les IBW cherchent à freiner le réendettement de ces pays en conditionnant leurs prêts à la limitation des financements non concessionnels et en posant des limites aux ratios d'endettement (Cadre de Viabilité de la Dette). Il est difficile de bien analyser le rôle spécifique des pays émergents, car les données ne sont difficiles à réunir précisément. Il apparaît cependant une certaine convergence des positions chinoises envers les pays africains avec celles des autres bailleurs de fonds, visible notamment en matière de réduction de dette. Ceci est cohérent avec la montée en puissance des pays émergents dans les institutions financières internationales.

After debt cancellations, in particular MDRI (Multilateral Debt Relief Initiative) debt ratios in Low Income Country dropped to historic lows. They are now getting into debt again, because of Bretton Woods Institutions (BWI) new loans, of emerging countries' (namely China) loans, and sometimes because they are able to borrow from international financial markets. BWI try to slow this new debt cycle by putting limits on the non-concessional borrowing of the country that have an agreement with IMF and by better assessing the debt sustainability (IDA-IMF Debt sustainability framework). The lack of transparent data is a major problem. Nevertheless, some convergence between China and traditional donors may be seen, namely in the field of debt relief. This is consistent with the rise of emerging countries in international financial institutions.

Raffinot M., Venet B. (2011), The Curse of the Elders? Aid Effectiveness and Gerontocracy in Developing Countries, DIAL Document de travail, Paris, Université Paris-Dauphine, 18

Djoufelkit-Cottenet H., Raffinot M. (2008), Viabilité de la dette des pays à faible revenu dans une perspective de réendettement post-allégements de dette, Document de travail, Paris, Agence française de développement, 33

Günther I., Marouani M., Raffinot M. (2006), La croissance est-elle pro-pauvres au Mali ?, DIAL Document de travail, Paris, IRD, 69

Depuis la dévaluation de 1994, la croissance au Mali se situe en moyenne à 5 % par an environ (soit la moitié en termes de revenu par tête du fait d'une fécondité qui reste extrêmement élevée et semble même continuer à progresser). La croissance se situe ainsi en dessus de son niveau de long terme, mais continue à dépendre des aléas qui frappent le secteur rural (sécheresses, invasions acridiennes, inondations). La réduction de la pauvreté est restée extrêmement modeste. La dévaluation a considérablement accru l'incidence de la pauvreté, et la relance de la croissance n'a pas réussi à la réduire sensiblement. L'extrême pauvreté en revanche semble avoir quelque peu diminué et la croissance a été légèrement pro-pauvres. En revanche, l'amélioration globale des indicateurs sociaux en termes d'éducation, de nutrition et de santé a surtout bénéficié aux non-pauvres. La forte inégalité des revenus au Mali est l'une des raisons de la faible élasticité de réduction de la pauvreté par rapport à la croissance. Les politiques de réduction de la pauvreté ont été axées jusqu'ici sur l'augmentation de l'offre de services sociaux (éducation, santé). Il n'est pas sûr que ceci puisse à court terme permettre une amélioration sensible du niveau de vie des pauvres. Pour accroître l'égalité des chances et réduire la pauvreté, il sera nécessaire de mettre en oeuvre certaines formes de redistribution, ainsi qu'un accroissement de la productivité dans les secteurs des céréales pluviales et de fortes créations d'emplois en ville.

Since the 1994 devaluation, growth has been quite strong in Mali (about 5% p.a. on average), but much weaker in terms of GDP per person (about 2.6% p.a.) due to a very high index of fecundity. Growth is still very unstable, due to a large share of agriculture in GDP and very sensitive to rainfall and other shocks (droughts, locusts, etc.). Following a surge after the devaluation, poverty incidence plummeted slightly. Extreme poverty decreased, and growth has been pro-poor to some extent in monetary terms. The analysis of social indicators shows that non-poor benefited more in terms of education, nutrition and health. The high degree of inequality is important for explaining the disappointing results in poverty reduction. The Poverty Reduction Strategy Paper (PRSP) gives priority to investment in education and health supply. In countries like Mali, the likely effect of such policies is questionable, at least in the short or medium run. We propose to focus on the dynamics of poverty alleviation. For promoting the equality of opportunities and poverty reduction, redistribution issues should be tackled, along with increasing the production of rainfall cereals, and a steady job creation in urban areas.

Idlemouden K., Raffinot M. (2005), Le fardeau virtuel de la dette extérieure. Une revue de la littérature à l'aune de l'initiative « pays pauvres très endettés » (PPTE), Cahiers de recherche / EURISCO, Paris, Université Paris-Dauphine, 26

Marouani M., Raffinot M. (2004), Perspectives on growth and poverty reduction in Mali, DIAL Document de travail, Paris, IRD, 61

Depuis la dévaluation de 1994, le Mali a renoué avec la croissance, sans que cela n'entame significativement l'incidence de la pauvreté - ce qui s'explique notamment par la forte inégalité des revenus qui s'est accrue sur la période récente. Le Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté mise surtout sur l'accroissement de l'offre d'éducation primaire et de santé de base. Ces stratégies risquent de n'avoir pas tous les effets escomptés. Il n'est pas sûr que l'accroissement des sommes allouées à ces secteurs se traduise par une amélioration des services publics et que la demande d'éducation (notamment des pauvres) suive l'évolution de l'offre. Il n'est pas évident non plus que les plus pauvres soient en mesure de mettre à profit ces accroissements pour améliorer leurs conditions de vie. La quasi-totalité des très pauvres sont ruraux, incapables d'améliorer durablement leurs revenus agricoles en les diversifiant, du fait de leurs faibles moyens et de leurs difficultés d'accès au crédit. Dans une perspective dynamique, une politique de redistribution en faveur des plus pauvres leur permettrait d'investir en capital humain pour préparer leur migration vers des secteurs où les rendements sont plus élevés - ce qui suppose en même temps des politiques volontaristes de créations d'emplois et de facilitation d'accès au crédit dans les villes.

Since the 1994 devaluation, growth resumed in Mali without any significant decrease of poverty. This may be explained by the high level of inequality, which has increased in the recent period. The poverty reduction strategy described in the PRSP relies mainly on increasing the supply of primary education and basic health. This strategy is not likely to attain its objectives. Increasing the budgetary allocation of these sectors is not enough to improve the quality of public services and the demand of education (especially of the poorest) will not necessarily increase with its supply. Moreover, the poorest are not likely to grasp the benefits in order to improve their living conditions. The poorest are rural, unable to diversify their agricultural income due to their weak assets and their difficulty to access credit. In a dynamic approach, a redistributive policy could give them the opportunity to invest in human capital before migrating to other sectors where returns to education are higher. However, this would work only if active policies in terms of job creations and access to credit are implemented in the urban areas.

Raffinot M. (2004), Soutenabilité de la dette des pays pauvres très endettés (PPTE), Cahiers de recherche d'EURISCO, Paris, Université Paris-Dauphine, 18

L'objectif de l'initiative de réduction de la dette des pays pauvres très endettés est de rendre soutenable la dette de ces pays. Or la plupart des analyses concordent pour affirmer que la dette des PPTE risque fort de demeurer insoutenable après la remise de dette - du moins si les tendances observées jusqu'à présent se poursuivent. C'est ce que nous montrons en étudiant la dynamique du ratio d'endettement (et non les ratios statiques comme cela est généralement fait). Les conditions de financement extérieur étant déjà très douces, ce sont les autres composantes de la dynamique de l'endettement (la croissance, le niveau de déficit) qui font problème. L'élément le plus inquiétant à ce niveau concerne la faiblesse de la croissance. Il est peu probable que la réduction de dette induise une augmentation significative du taux de croissance à long terme, notamment parce que cette réduction de dette est généralement faible (de l'ordre de 1 % du PIB), et qu'elle n'était pas payée en totalité. Les gains en termes de santé publique et d'éducation, même bien ciblés sur les groupes sociaux les plus défavorisés, risquent de n'avoir que des effets limités s'ils ne sont pas intégrés dans une politique globale de développement qui favorise également l'emploi des personnes scolarisées. La réduction du fardeau virtuel de la dette (debt overhang) devrait exercer également un effet favorable, mais très différent suivant les pays. La communauté financière internationale devra accroître la cohérence de ses actions en dégageant le financement nécessaire pour atteindre les « objectifs du millénaire » comme elle s'y est engagée.

Mesplé-Somps S., Raffinot M. (2003), Réforme budgétaire et gestion par les objectifs dans les pays à faible revenu : Burkina-Faso et Mali, DIAL Document de travail, Paris, IRD, 22

Depuis 1997, le Burkina Faso et le Mali ont pris l'initiative de développer des budgets-programmes (BP). Cette initiative s'est combinée avec d'autres processus déjà en cours (revues de dépenses publiques), lancées en même temps mais séparément (programmes sectoriels), ainsi qu'avec l'élaboration de cadres stratégiques de lutte contre la pauvreté (CSLP) et de cadres de dépenses à moyen terme (CDMT). Différentes tentatives ont aussi été faites à partir de 1997 pour améliorer la coordination de l'aide et réformer la conditionnalité. Ces réformes rencontrent de nombreux obstacles. Les BP ne sont pas encore vraiment opérationnels, sauf dans les secteurs qui disposent de programmes sectoriels. Les CDMT restent formels, notamment en raison de l'importante part des dépenses publiques financées par l'extérieur. L'amélioration de la coordination de l'aide progresse lentement. L'adoption de CSLP permet de mieux situer les actions, tandis que le passage progressif à l'aide budgétaire devrait accroître la transparence et l'efficacité de l'aide extérieure et des politiques budgétaires nationales. Le principal frein à la généralisation de l'aide budgétaire demeure l'insuffisant contrôle de la dépense publique, et l'absence de tradition d'analyse de la dépense publique en termes d'opportunité et d'efficacité. Les bénéfices attendus de la décentralisation restent marginaux du fait de la faiblesse des ressources financières au niveau local. Sur le plan technique, la généralisation du suivi par indicateurs a fait progresser la réflexion sur les objectifs des politiques publiques. Cependant, la polarisation sur les indicateurs eux-mêmes a quelque peu occulté les questions relatives à l'interprétation des évolutions de ces indicateurs et à leur utilisation pour la réorientation des politiques publiques. Le rôle de la société civile dans le débat sur les choix de dépenses publiques reste encore peu défini. Enfin, les réformes en cours ont tendance à multiplier les entités administratives ce qui concurrence les structures pérennes et les démotivent.

Since 1997, governments of Burkina Faso and Mali have decided to introduce results-oriented programme budgeting alongside the traditional state budget. This reform was implemented with insufficient coordination with others reforms in progress: Public Expenditure Review (PER), Sector- Wide Approach to aid management (SWAPs), Medium Term Expenditure Framework (MTEF), and Poverty Reduction Strategy Paper (PRSP). At the same time, pilot studies on conditionality and on the aid process were implemented to improve aid allocation and efficiency. A lot of issues are associated to these reforms. Results-oriented expenditure management works only nearly correctly in departments where there are SWAPs. MTEF are formal but not operational. The coordination of donors improves slowly. Transparency and efficiency of international aid and budgetary policies would be getting better with PRSP and budgetary aid. But, the lack of control, monitoring and evaluation of public expenditures prevents the generalisation of budgetary aid (in opposition to project aid). The decentralisation process is too marginal. From a technical point of view, the use of indicators in the monitoring of public expenditure has improved public expenditure policies. Nevertheless, they are insufficiently used to discuss and guide public policies. Civil society is not enough involved in the debate on public expenditure management. Last, governments in both countries tend to develop administrative structures to manage reforms; this phenomenon weakens permanent public structures.

Raffinot M. (2002), Les pays les plus pauvres dans la nouvelle architecture internationale, Cahiers de recherche d'EURISCO, Paris, Université Paris-Dauphine, 15

Raffinot M. (1998), Soutenabilité de la dette extérieure. De la théorie aux modèles d'évaluation pour les pays à faible revenu, DIAL Document de travail, Paris, IRD, 38

La mise en oeuvre d'une initiative de réduction de la dette des pays pauvres très endettés par les organisations internationales incite à approfondir les problèmes concernant la soutenabilité de la dette de ces pays. En effet, les choix techniques effectués conduisent à retenir certains pays, et à en écarter d'autres. Or les méthodes pratiques utilisées pour évaluer la soutenabilité de la dette de ces économies sont discutables, pour deux raisons : o le renouvellement des analyses de la croissance, notamment dans les cadres des diverses théories de la croissance endogène. o les économies les plus pauvres présentent des spécificités qu'il est difficile de laisser de côté lorsqu'on évalue leur solvabilité. Il faut notamment citer ce niveau le caractère très concessionnel des financements reçus, le fait que l'Etat soit le seul emprunteur à l'extérieur et qu'il n'ait accès qu'à des financements d'organismes spécialisés. Cette dernière caractéristique implique que l'analyse de l'impact de la dette doit porter sur une période très longue, car les remboursements seront étalés sur plusieurs dizaines d'années. Sur des périodes aussi longues, les approches modélisées de la croissance présentent des limites du fait qu'elles prennent difficilement en compte les modifications structurelles qui accompagnent le processus de développement. Ces modifications devraient normalement comprendre celles du financement extérieur. En effet, le développement, à partir d'un certain stade, devrait pouvoir ouvrir l'accès aux marchés internationaux des capitaux - et réduire le recours à l'aide publique au développement.. Tout ceci devrait inciter à n'utiliser qu'avec beaucoup de précautions les résultats d'études menées suivant les méthodes financières classiques, lorsqu'il s'agit d'établir un pronostic sur la soutenabilité de la dette des pays les plus pauvres.

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